Soudain le camion devant se rapprocha à toute vitesse et Javier fut tiré de son rêve par un concert de klaxons. Il pila sur les freins, manquant de peu le cul du semi-remorque bleu et serrant les dents à l’idée de ce qui arrivait derrière lui. La soubrette rousse, penchée en avant sur le bar, s’évapora instantanément. Un accident, 100 mètres en avant, avait arrêté net le trafic juste avant un « Kreuz ». Probablement un con qui avait oublié de sortir, occupé qu’il était à dépasser à fond les manettes, avant de se rabattre en urgence au travers des deux voies de droite. Pour lui c’était « game over » mais pour Javier ça signifiait du retard, le temps de démêler quelques tôles avant de pouvoir, espérait-il, contourner l’obstacle sans autre formalité.

– Connard, cria-t-il par la fenêtre ouverte.